Souvent, quand on se tait c'est que notre tête pense. Il m'arrive parfois de me taire et là, je pense à un nombre incalculable de choses. Ma tête est un contenant minuscule, pas plus grand qu'un saladier et pourtant, des milliers de pensées absurdes s'entremêlent. Elles remuent sans cesse. Comme une troupe d'enfants qui parlent tous à la fois et dont la voix, parfois percent à travers la cohue: genre "Hey la poussière avec les rayons de soleil ça brille, comme des milliers de petites paillettes en suspension dans l'air. Ça doit faire bizarre de flotter dans l'air, immatérielle et pourtant là...En suspension, se mouvant au moindre souffle d'air... J'aimerais être une poussière et caresser des joues... Ça doit être moins sympa d'être un postillon, moins glamour tout du moins. Un crachat, un reste de salive qu'on ne veut pas dans soi. Le petit postillon échoué sur une table, qui fait un super saut de l'ange pour s'écraser par terre, le pauvre. On devrait tous avoir une petite pensée pour tous ces postillons morts sur le sol et que l'on écrase tous les jours avec nos gros sabots. Ces restes d'ADN de parfaits inconnus incrustés parfois de super virus ou de morceau de vie. Comme les empreintes, c'est fascinant les empreintes. Penser qu'on laisse derrière nous un petit bout de soi. Une trace qui signifie que "we were here". Un tag personnel et authentique. Je n'ai donc pas l'âme d'un tueur, je ne pourrais pas commettre un crime et partir sans rien laisser. Si vous voulez un coéquipier pour association de malfaiteurs, n'orientez pas votre choix vers moi. Je me ferais choper et sous la torture, sous la question comme disaient nos ancêtres, je vous balancerais. C'est comme nos cheveux qui tombent sans cesse, aucune pensée ne va vers eux qui quittent notre corp. Sans cette chute, notre tête serait bien lourde, c'est une sorte de sacrifice pour le bien commun en quelque sorte, le bien de toute une tête. Une population de cheveux, de pellicules et pour certains de poux. C'est toujours intéressant d'ailleurs de se demander ce qu'il se passe derrière ses cheveux, sous les crânes des gens qui nous entourent. Que pensent-ils, que font ils en esprit en ce moment, qu'est ce qu'il se cache derrière ces pupilles de toutes les couleurs. D'ailleurs on dit que les yeux sont le miroir de l'âme, si vous avez la clef de cette énigme passez la moi. Comprendre ce que les gens pensent doit être passionnant, un petit bout de leurs vies se mêlant à la notre. Prendre le métro serait beaucoup moins triste. Et enfin comprendre pourquoi les gens se cachent, pourquoi ils font comme les autres, pourquoi ils se taisent car il faut être silencieux pourquoi ils baissent les yeux alors qu'il y a tant de choses à regarder. Il y a tant de pourquoi qui ne trouveront jamais de réponse, et tant de réponse qu'on ne veut pas avoir mais qu'on nous donne quand même. Certains mystères devraient rester mystérieux sinon tout perd de sa magie. On trouve tout beau quand on est petit, tout est nouveau, neuf et inédit. Pourquoi ne pas tout regarder avec le même regard d'enfants que beaucoup perdent... Pourquoi chercher à tout comprendre et pourquoi pas tout simplement fermer un peu les yeux de temps à autres et juste attendre sans comprendre. La tactique de l'autruche si c'est si connu que ça c'est que ça fonctionne, pas tout le temps d'accord mais de temps en temps fermer les yeux et se laisser aller à attendre, limite la bave aux lèvres et juste penser, ça fait du bien. Un voyage intérieur mais un voyage quand même. C'est tellement simple d'emmerder le monde de temps en temps. Pas toujours d'accord mais d'écouter sans entendre, de regarder sans voir, les yeux dans le vague et de hocher la tête à ce qu'on nous dit. Et de penser tout bas ce qu'on ne dit pas tout fort, de le penser tellement fort que ça s'entend tout bas dans nos yeux et que ça résonne intérieurement des pieds à la tête et de la tête aux pieds. Et toutes les choses que l'on pense et que l'on ne dit pas, et tant de chose qu'on dit mais qu'on ne pense pas. Tout tourne dans nos têtes comme quand quelqu'un devant nous vomit des paroles qui ne nous plaisent pas mais qu'on juge tellement inintéressantes qu'on ne prend même pas la peine d'y répondre. On applique la technique de l'autruche et on hoche la tête gentiment en tenant notre vengeance personnelle "tu n'as pas idée à quel point je me fous de ce que tu dis" les oiseaux qui chantent c'est tellement plus joli, et le bruit d'un souffle d'air, une porte qui s'ouvre, une sonnette de vélo, des talons dans le couloir, le silence... Parfois du silence ça fait du bien n'est ce pas voisin bruyant qui juge bon de faire le fête jusqu'à 5h00 un mercredi soir. Si tu savais à quel point intérieurement j'ai pu te détester. Mes pensées de meurtre interrompues par le fait que j'aimerais dormir et que au final, après ton meurtre et mes empreintes partout dans ton appartement, je n'aurais peut-être pas de tranquillité car je pourrais tomber sur pire. Qu'est ce que c'est dur de taper sur un clavier qwerty et de ne pas se souvenir que le "M" est à la place du ";" et que le ";" est à la place du "M". Encore une pensée qui encombre ma tête. Et le dossier pas commencé qu'il va falloir finir un jour, et les trucs que je dois faire même si j'ai pas envie. Les pensées absurdes aident à oublier tout ça et je les en remercie. Elles aident à garder le sourire et à penser à des trucs débiles. Elles m'aident à sourire dans le train quand je vois une mamie qui lit un livre derrière l'épaule d'un ptit jeune et qui a l'air d'aimer ce qu'elle lit, tellement qu'elle est dégoutée quand le petit jeune se lève et s'en va. Ça aide à ne pas être sérieux. C'est pas drôle d'être sérieux et blasé. La "blasitude" c'est blasant, ça plombe le moral. En gros les blasés de la vie s'autoplombe le moral. C'est de l'auto-dépression. Je n'aime pas trop l'auto-dépression, ce que je préfère c'est mes pensées absurdes et ma dose d'émerveillement. J'aime les jolies choses et les ptits plaisirs simples, croquer dans une part de galette et attendre d'avoir la fève, craquer les flaques glacées parce que ça croustille et me dire que j'aime avoir deux ans d'age mental. J'adore pleurer pour rien et de ce fait porter l'image de la fille gentille et sensible. Si vous saviez les pensées absurdes qui traversent mon esprit dans ces moment là. Grandir pourquoi faire? Si c'est pour perdre toutes merveilleuses petites choses qui nous semblaient extraordinaires je ne vois pas où est l'intérêt. J'aime prêter attention à mes pensées absurdes qui jonchent les parois de mon cerveau. Ma tête est un puit sans fond ou s'abîment des centaines de pensées absurdes, perdues chaque jour, tellement nombreuses qu'elles disparaissent, remplacées par d'autres si infimes qu'on y fait pas attention. Faîtes le de temps à autre, et vous verrez le monde autrement, vous vous rendrez compte que derrière vos petits yeux se cache encore une âme d'enfant.
Mais qu'est ce qui m'a pris de mettre une telle photo en première page???!!!





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